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Accueil/Définition pierre sèche/Compléments/Viticulture et pierre sèche
Viticulture et pierre sèche 2017-09-08T20:11:41+00:00

HISTOIRE ET VITICULTURE

Un tableau peint en 1928, accroché dans la salle de l’Hôtel de Ville de Daglan, montre une scène de vendange sur le versant Nord d’un coteau de Daglan (Le Mazut) aujourd’hui en friche.

A l’horizon, on peut observer les falaises dominant la vallée du Céou près de son embouchure dans la Dordogne ; le versant Ouest de la vallée apparaît très dénudé, les cabanes et les tas d’épierrement bordant la vigne sont bien visibles.

Certains documents témoignent de l’utilisation de la pierre sèche à des fins diverses et de la culture locale de la vigne depuis plus de 600 ans. t

XIVème siècle :

Gilbert de Domme (vers 1360, 1380)

-a des vignes notamment à Bon Pas (Bel Air) à la limite du Peyruzel (Daglan) et de Cénac.

Enquête du 27 Juillet 1500.

– enferme son bétail (bovins, chevaux) dans une enceinte de pierres sèches (circuitum parietis), près du village de Simon aux limites de Cénac et de Castelnaud.

Enquête de 1488-89.

XVème siècle :

Un acte du 19 mars 1456 signale le « vinhal » de Jean del Peyrat, de Sarlat, près de la font de Sirgon (Daglan), près du village de la Borie.

Plamon, notaire.

Le 6 septembre 1474, Jean Lasgrèzes reconnaît à Raymond Bernard de Belcastel, seigneur de Campagnac, une vigne au pech Galbert (Galibert, Daglan).

RAYMOND Martin, notaire.

Vers 1470, aux Farguettes (limites de Domme et de Nabirat), à côté d’un terrain cultivé avec un verger, les habitants de Liaubou avaient un parc dans lequel ils enfermaient leur bétail et ils y construisirent une cabane.

Enquête du 20 Février 1514.

Acte du 27 octobre 1477, reconnaissance à François de Caumont, seigneur de Castelnaud, de 30 journaux de vigne au pech de Paradis (Saint-Laurent) et de 12 journaux de terre pour faire vigne au même lieu.

Plamon, notaire.

Le 24 Novembre 1495, Adhémar de Barrilhac, prêtre, donne à sa nièce, Martiale, qui se marie, la moitié d’une cabane ou maison d’habitation (cabana sive domus) près du bourg de Saint-Germain (de Belvès).

Chapoul, notaire.

XVIème siècle :

Le 9 mars 1545, Léonard Brossa, couturier de Marnac, donne pour 6 ans, à métaierie, ses terres de Vinhayrac. Il se réserve la possibilité d’y édifier cabane ou grange.

Gonet, notaire.

Le 3 Mai 1545, Jean Creyssenssac vend à Gilles Félipart une vigne ou plantou (vigne récemment plantée) à Vinhayrac (Marnac) joignant la vigne de Me Hugues Creyssenssac, prêtre, muraille entre-deux. Il assigne en garantie une pièce de terre et cabane au dit village.

Gonet, notaire.

Le 17 décembre 1597, Mondy Artaud vend à Pierre Montanier une maison ou cabane au barri de Beyssac (faubourg de Saint-Cyprien), moyennant 11 Livres.

Del Montet, notaire.

Aux XVIème et XVIIème siècles, l’expansion de la culture de la vigne se réalise surtout par des contrats de « complantement » accords entre le possesseur du sol et le vigneron.

Au XVIIIème siècle, à côté de ce contrat perpétuel, on trouve des « baux à faire valoir » à durée limitée et des « prix-faits » (contrats d’entreprise).

XVIIème siècle :

Le 4 novembre 1669, Jean de la Dieudie, de Daglan, baille à Pierre Goumel, 3 quartonnées de terre à convertir en vigne, au tènement de Montalieu. Le preneur promet de planter d’ici un an. Il se réserve toutes les récoltes pendant 4 ans. A partir de la 5ème récolte, les fruits seront partagés en deux. Goumel promet d’épierrer et de faire une muraille. La Dieudie paiera la rente, il donne à Goumel 16 Livres, 10 sous et se réserve le bois.

Agat, notaire.

Le 7 Novembre 1677, Pierre et Jean Maurie, de l’Estang de Lol (Daglan) donnent quatre cartonnées à convertir en vignes al Coustalou sur le chemin du moulin à Turat. Les preneurs seront tenus de planter la terre de bons plants. Après la replante, ils devront épierrer et, de la pierre qu’ils tireront, feront une muraille. La récolte sera partagée la cinquième année. Les Maurie paient 40 livres.

Agat, notaire.

Le 5 Février 1696, François Grézis, bourgeois de Daglan, baille à Jean Rougier trois cartonnées de terre à planter et convertir en vignes icelle épierrées et fermées de murailles. Le partage se fera en 1701, à partir de la cinquième récolte. Rougier gardera tout le sarment, donnera à Grézis une paire de poulets par an à la Sainte-Madeleine. Grézis donne 18 livres.

Agat, notaire.

XVIIIème siècle :

Perpétuel : Le 7 janvier 1720, Guillaume Agrafel, clerc du Peyruzel, baille 5 quartonnées, 7 picotins de terres à planter et convertir en vignes, sur le chemin du Peyruzel au Cuzoul. Les preneurs devront planter de bons plants la première année. La récolte sera partagée à partir de la 4ème année, ensuite à perpétuité tant que la terre sera en vigne. Récompense : 7 Livres par quartonnée. Les preneurs donneront 3 paires de poules par an, à partir du partage.

Rauzet, notaire.

Baux à faire valoir : Le 23 septembre 1770, Jean Vialard baille pour 5 ans à Jean Sabrou, 7 quartonnées de terre à prendre sur plus grande pièce, à Bedeau dont il est meunier. Il donne à Sabrou, 70 Livres pour la plantation.

Bouquet, notaire.

Il y a des baux de 4, 5, 6, 9, 29 ans. Plus le temps est long, moins la récompense est forte.

Prix fait : Le 15 mars 1773, Antoine Pasquet, clerc de Cournés (Saint-Pompon) paie 12 Livres à Pierre Vergnolle; pour planter une quartonnée de terre en vigne.

Crémont, notaire.

Conclusion : Subsistances, grains.

« Il est bien étonnant que les cantons de Domme et de Daglan ne présentent qu’un léger déficit… Ces cantons sont remplis de plantations de vignes et ne récoltent pas, dans les années les plus abondantes, la moitié des denrées nécessaires à leur consommation ».

District de Sarlat, 18 mai 1794.

Les autorités publiques (consuls pour Domme, juge ordinaire pour une seigneurie) fixent la date à laquelle peuvent commencer les vendanges.

Ban des vendanges.

12 Septembre 1784, « il est d’usage de fixer le jour pour ouvrir les vendanges afin que les voisins d’un homme peu entendu ne soit pas dupe de son impatience.. Afin de conserver la réputation des vins du pays qui ne peut que se perdre si les vendanges se font avant que le raisin ait acquis leur parfaite maturité… »

Délibération de la communauté de Domme.

Dîme des vendanges.

Un pourcentage de la récolte est prélevé au profit du clergé, en contrepartie des services rendus par l’église (culte, éducation, assistance). En 1745, le prélèvement, dans les paroisses de Domme et Cénac est de 1/20ème de la vendange.

1675, Messire Jean Vabre sieur de Châteauneuf, archiprêtre de Daglan, présente une requête au présidial de Sarlat aux fins de faire visiter les chais ou caves des paroissiens et constater la quantité de vin qu’ils ont recueillie.

Archives judiciaires.

Ports et chais.

La majeure partie du vin était acheminée vers les ports de Domme et de Castelnaud.

« Le port de Domme est très beau. Il s’y fait un commerce considérable en vin pour la descente, ainsi que beaucoup d’autres marchandises… Le port de Castelnaud est très fréquenté. Les vins de toutes les communes environnantes sont très bons pour la descente, c’est particulièrement de ce port qu’il s’en vend une très grande quantité pour être embarquée ».

Rapport de l’ingénieur Henry, Juillet 1798.

Le 3 mars 1752, bail d’un chay à Tournepique (Castelnaud), par Raymond Villatte à Sieur Guillaume Daurat pour 6 ans à raison de 90 Livres par an.Acte sous-seing privé.

Conflit avec les Jurats de Bordeaux.

En 1772-1773, les Jurats et Echevins de Bordeaux prirent diverses mesures destinées à entraver la circulation et la vente des vins vendus sous le nom de « vins de Domme ». La communauté de Domme engagea une action judiciaire le 31 Janvier 1773. Les communautés des diverses paroisses du pays dommois adhérèrent à cette action, notamment Daglan, Saint-Cybranet, Saint-Martial…

« très convaincus du dommage inexprimable que porte à toute la province et à cette paroisse en particulier, les privilèges que la ville de Bordeaux s’est arrogée concernant l’entrée et la vente du vin dans sa sénéchaussée… »

Bouquet, Espitalié, notaire.

Le Conseil d’Etat donne tort aux autorités bordelaises.

Extraits bibliographiques :

Les campagnes du Périgord – Christian Marty – Presses Universitaires de Bordeaux 1993.

« à partir de 1830, le Périgord est saisi d’une fièvre de plantation. On plante la vigne partout y compris dans les fonds où la terre a été remuée de 18 à 20 pouces de profondeur; toutes pierres ou rochers en ont été extraits ainsi que toutes racines. C’est au prix d’un labeur incessant que les vignes dépassent les labours en superficie dans certaines communes, comme à Daglan… Tous les coteaux de Domme donnent d’excellents vins rouges sur une superficie de 3822 hectares.»

«Passé le tournant du milieu du siècle, la population rurale du Périgord amorce un mouvement de décrue qui met fin à une longue période de croissance. Assez lente d’abord, rapide ensuite, cette décrue fait perdre plus de 9000 habitants au Périgord de 1846 à 1861 puis 24000 habitants de 1861 à 1886 et presque 60000 de cette dernière date à 1911. L’allègement de la pression démographique qui en résulte est directement lié à l’émigration vers les villes de la province ( 37 089 habitants en 1846, 63 280 en 1911) et de l’Aquitaine, des éléments jeunes les plus pauvres de la société rurale qui ne trouvent plus comme par le passé, le secours des « activités subsidiaires » (Weber) de l’artisanat rural du textile et de la petite métallurgie des forges. Mais cet exode se transforme en hémorragie à partir de 1873 et surtout dans les années 1880, lorsque le phylloxéra, puceron venu d’Amérique par la Provence et la vallée de la Garonne, détruit le vignoble Périgourdin et anéantit les efforts de milliers de petits paysans ayant trouvé dans la viticulture les moyens de s’accrocher à la terre.

Partout les densités rurales s’effondrent. Seul le Nord du département, de Nontron à Lanouaille, résiste assez bien à la crise, alors que le Périgord central, quelques cantons de Ribéracois, le Bergeracois et plus encore le Sarladais, se vident brutalement de leur population. Paysans ruinés, artisans et commerçants dont les travaux étaient liés à la viticulture, migrent vers les villes quand certains quittent la France pour aller jusqu’en Amérique Latine tenter leur chance. Les friches, les taillis de chênes et de pins remplacent rapidement les ceps conquérants jusque là, car la superficie du vignoble tombe de 120 000 hectares à moins de 20 000 malgré sa reconstitution partielle avec des plants américains.»

Le Périgord – Paul Fénelon – Privat 1982.

«Sous le Second Empire, le vignoble Périgourdin avait connu son âge d’or. Grâce au bail à complant d’une durée de vingt neuf ans, les versants des collines s’étaient couverts de belles vignes avec des « plants français ». Du Ribéracois au causse de Thenon et jusqu’aux rives de la Dordogne elles s’étendaient sur plus de cent milles hectares. Cependant, dès les années 50, quelques alertes avaient causé des inquiétudes. Au cours des étés humides, les feuilles et les grappes des précieuses plantations s’étaient couvertes d’une fine poudre blanche ; au microscope on avait decelé le mildiou et l’oïdium qui réduisaient le rendement des récoltes. Il avait fallu combattre ces détestable cryptogames avec des bouillies à base de cuivre. Mais voici qu’à partir de 1873 un autre fléau frappa les vignobles du Périgord. En plein été quelques ceps commencèrent à perdre leurs feuilles ; intrigués, les vignerons les arrachèrent et découvrirent dans leurs racines un fourmillement de pucerons ; c’était le phylloxéra venu d’Amérique par la Provence et la vallée de la Garonne. En quelques années les belles rangées de vignes ne furent plus que rameaux desséchés et souches tordues et sans sève. De cent cinq mille hectares, le vignoble périgourdin tomba à moins de vingt milles. Résistant mieux à l’insecte, les plants américains remplacèrent les plants français, mais il ne donnèrent que des vins très médiocres. Sur les ceps détruits s’étendirent les friches et les taillis de chênes… Ce sont les régions les plus malmenées par la crise du phylloxéra, la ruine des forges et la mévente des céréales qui ont été les plus touchées par la mort ou les départs ; causses de Daglan et de Thenon ou Chourgnac tombe de 368 habitants à 71 en cent ans. Sur les collines du Ribéracois et forêts du Sarladais ; là où florissait la vigne et où poussaient les blondes moissons, règnent le silence et le vide parmi les landes et les maigres garrissades… Des fermes en ruines, des chemins envahis par les ronces, des murettes écroulées et la friche gagnant sur les labours ; c’est un spectacle trop fréquent autour de Thenon et de Daglan, de Vergt et de Sainte-Alvère.»

Histoire du Périgord – Privat 1983-

«Dès le Second Empire, nombre de notables commencèrent à placer leurs capitaux, non plus dans la culture, mais dans l’industrie et les transports, plus rentables. Mais ce fut surtout la crise phylloxérique qui précipita les départs, dans les années 1880-1890. Le vignoble tomba de 107000 à 21800 ha ; seuls les vignobles du Bergeracois connurent la reconstitution. Un très grand nombre de petits paysans ruinés, des artisans et commerçants dont l’activité était liée à la viticulture abandonnèrent la partie, pour gagner les villes et centres industriels, voire même l’Amérique Latine.»

La Dordogne ancien Périgord -Paul Grelière-

«Les vignobles, que le phylloxéra avait ruinés, y ont été reconstitués en substituant aux vignes du pays:

«Des cépages américains, qui résistent aux maladies cryptogamiques et au phylloxéra grâce « au poli » et à la densité de leurs feuilles et de leur grain où le champignon s’alimente difficilement ; à la richesse de leur chevelu, qui assouvit l’insecte et charrie encore assez de sève pour sustenter le cep.

Leur culture est presque abandonnée et on encourage l’arrachage par des primes.»

On cultive actuellement:

Des hybrides, créés par croisements et sélections, et qui, de sang américain, eux aussi, naissent avec les mêmes qualités: abondance de racines, fougue de végétation ; résistance aux attaques des cryptogames et fournissant des vins très acceptables.

Plants et portes greffes. – On cultive surtout des plants greffés, qu’on obtient en greffant des sarments français sur des portes greffes américains, cépages très peu féconds eux-mêmes, mais fournissant des sujets très vigoureux. Les rupestris (du lot et Berlandieri) sont très appréciés pour les terrains calcaires et secs.

Ce sont les plants greffés qui, incontestablement, fournissent les vins de meilleure qualité. Ils sont cultivés dans les régions où la vigne est la culture principale, notamment dans l’arrondissement de Bergerac, qui possède à lui seul la moitié des vignobles du département et dont les vins sont renommés.

«Comme on n’a pas réussi à créer des hybrides fournissant un vin absolument comparable comme qualité à celui des plants greffés, les hybrides sont considérés comme plants « non noble » dont l’Etat subventionne aussi l’arrachage. Leur présence dans un vignoble lui fait perdre le droit à l’appellation contrôlée.

Par contre, un grand nombre de petits exploitants s’en contentent et sont heureux de récolter un bon vin de consommation courante qui les soutient pendant les durs travaux. Ils croient, ou feignent de croire, à la vertu du « chabrol », mélange de vin et de bouillon dans l’assiette à soupe.»

Lieu-dit / Propriétaires Tonneaux de vin rouge

A Bardille (Sylvestre) 25

Au Pont (Jean Ventelou) 15

A Lescazes (Delmas) 15

Château de Pauillac (Teyssier) 12

Mas de Cause (Lavergne) 12

Turat (Mercadié) 10

Au Bourg (Ventelou Férréol) 8

Au Bourg (Seignabou) 8

Au Bourg (Mézergue) 5

Au Bourg (Raymond Fauchier) 5

Au Bourg (Ventelou) 5

A Bardille (Mabru) 8

Au Périer (Dufour) 8

Château Saint-Marin (Védrenne) 5

A Saint-Martin (Maury) 5

A Concazal (Vergnolle) 5

Production en tonneaux de vin rouge des principaux propriétaires de Daglan – à la fin du siècle dernier.

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