Les Professionnels

Compagnons-maçons

Il n’est pas jusqu’au compagnonnage qui ne soit évoqué en rapport avec les maçons à pierre sèche. Emile Lauga dans sa monographie de Reillanne dans les Alpes de Haute Provence écrit « ce genre de bâtisse (« pyramide » de Falicon) sans liant est à la fois si particulier et si délicat qu’il servait de chef d’œuvre aux compagnons maçons, terrassiers et puisatiers pour être admis d’emblée dans la corporation ».

Exploitant-utilisateur conjoint avec le maçon-bâtisseur

Dans la construction de petits bâtiments en maçonnerie sèche, un troisième cas se présente, celui où l’exploitant-utilisateur participe à la construction au côté du maçon-bâtisseur. Du fait de l’intervention déterminante du professionnel, ce cas se ramène en définitive au cas précédent.

« Généralistes »

La présence ou l’absence de liant ne modifiant pas fondamentalement les principes de la maçonnerie, on peut penser que des maçons ordinaires sont à l’origine d’un certain nombre de cabanes. C’est sans doute à un maçon « généraliste » que fait allusion Charles Cotte lorsqu’il signale en 1912, dans le Vaucluse, une cabane alors « récemment » construite au quartier de Fartayet, près de St Martin de la Brasque, et dont le constructeur, un certain Emile Appy, « exerçait encore sa profession de maçon ».

Maçons

A côté du semi-professionnel, on trouve le professionnel tout court, soit artisan-maçon non spécialisé, soit maçon spécialiste de la pierre sèche. Melle Martine Sylvos déclare à propos du Lot « les plus grandes et les mieux appareillées (les constructions) à Livernon, étaient vraisemblablement l’œuvre de maçons professionnels, peut-être même spécialisés dans ce genre de constructions ».

Paysans-maçons

Au XIX ème siècle, nombre de paysans avaient un tour de main de maçon. Dans le Lot, sur la commune de Catus, une série d’abris à bestiaux en plein champ bâtis sur le même modèle sont visibles dans une zone restreinte. L’enquête orale que nous (C.E.R.A.V.) avions menée nous avait fait remonter à leur constructeur, un paysan qui, à la fin du siècle dernier, avait élevé ces abris pour divers parents et amis.

Puisatiers

Les puits sont souvent couverts d’un édifice voûté par encorbellement, les puisatiers devaient connaître entre autres techniques nécessaires à l’exercice de leur métier, celles de la construction à sec.

Spécialistes de la pierre sèche

L’existence de maçons, spécialistes de la pierre sèche est dûment attestée pour le Languedoc et la Provence. La tradition de construire à sec y est ancienne. Ex: Dans le Gard, les derniers spécialistes exerçaient encore à l’aube de la grande guerre. Paul Marcellin nous conserve le souvenir d’un maçon du quartier des terres de Rouvière à Nîmes, qui, avant 1914 « se chargeait de construire une capitelle dans la journée, pour 1000 fr ».

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Extraits : d’après – Christian Lassure -La Tradition des bâtisseurs à pierre sèche – A.V. 1981 N°1