COMMISSION RÉGIONAL DU PATRIMOINE HISTORIQUE, ARCHÉOLOGIQUE ET ETHNOGRAPHIQUE D’AQUITAINE.

SÉANCE DU 26 NOVEMBRE 1991

PROCÈS VERBAL

EXTRAIT :
THÉMATIQUE : ARCHITECTURE RURALE
DORDOGNE – Cabanes en pierre sèche

Présentation générale

Rapporteur Pierre Moreau, documentaliste

Les cabanes en pierre sèche constituent l’une des composantes caractéristiques du paysage périgourdin. Il existe des études éparses mais ponctuelles sur ces constructions. Le choix des cabanes proposées ici à la protection au titre des monuments historiques a été établi à partir de ces études et d’une certaine connaissance du terrain, en tenant compte de l’exemplarité et de l’originalité de certaines de ces réalisations; mais à cause de leur nombre et de l’étendue de leur répartition, ce choix ne peut pas prétendre à une représentativité significative.

Ces cabanes (et non pas « bories ») sont toujours implantées dans d’anciennes régions viticoles, sur un substrat géologiques calcaire. Leur mise en oeuvre, spectaculaire ou pittoresque, a l’aide du seul matériau tiré du sol à l’état brut, souvent dans des lieux très isolés, a suscité des interprétations et des datations tout à fait excentriques.

En l’absence d’une étude archéologique scientifique de synthèse, une réflexion simple à partir de leur construction, de leur implantation et de leur fonction probable laissent penser que ces cabanes ont été bâties pour leur majorité au siècle dernier, et ne peuvent être antérieures au XVIIème siècle.

La plupart ne sont plus utilisées et restent sans entretien. Elles disparaissent rapidement par le gel saisonnier qui délite la lauze et la végétation.

Les cabanes retenus se trouvent situées pour l’essentiel dans la partie Sud-Est du département, (jusqu’à la commune de Badefols sur Dordogne qui a fait l’objet d’un recensement exhaustif avec un repérage et numérotage systématique).

Au terme de la présentation, le président souligne l’intérêt du travail effectué par le service de recensement.

M. l’architecte en chef, ajoute que les quatorze dossiers présentés donnent une intéressante avue d’ensemble permettant de dégager une typologie comprenant des cabanes à plan rectangulaire comme celle du Bourg, à plan carré comme celle de Pechménie, toutes les deux sur la commune des Eyzies et enfin de plan circulaire comme la cabane n° 30 au lieu-dit « Villeneulve » sur la commune de Badefols sur Dordogne.

M. FONQUERNIE évoque les cabanes identiques du Lot et du Nord de l’Aveyron.

M. DESGREZ précise que dans le Lot la pente du toit de ces cabanes donne une idée de leur ancienneté, les couvertures les plus basses étant les plus anciennes.

M. FONQUERNIE précise que les cabanes en pain de sucre sont des édifices à la toiture inachevé.

M. GARMY juge ces vestiges très menacés.

M. BILLA estime qu’en l’état incertain de la recherche sur ce type d’architecture vernaculaire, il conviendrait de protéger la totalité des cabanes présentées et de classer les exemples retenus par M.FONQUERIE.

M. GOUYON souligne la qualité de choix de l’échantillonnage.

M.MOREAU précise qu’un recensement systématique avait été fait à Daglan à l’initiative de la commune et qu’il s’est appuyé sur des études faites par le centre permanent d’initiation à l’environnement.

Le président fait procéder au vote.

Sont proposés à l’unanimité pour l’inscription parmi les monuments historiques, en totalité, les édifices suivants :

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabanes n° 24 et 25

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabane n° 27 au lieu-dit « Villeneuve »

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabane n° 30 au lieu-dit « Villeneuve » avec son enclos et son escalier attenants

– BADEFOLS SUR DORDOGNE – Cabane n° 34 au lieu-dit « La Fontaine de Viralet »

– CARSAC – Cabane de Peyromolle

– DAGLAN – Cabane du Mazut avec son enclos

– DAGLAN – Cabane de « la Combe du Rat »

– LES EYZIES DE TAYAC-SIREUIL – Cabane du Bourg avec les terrasses et les murs de soutènement

-LES EYZIES DE TAYAC-SIREUIL – Cabane de Pechmemie

-SAINT-VINCENT LE PALUEL – Cabale de Malevergne

– VALOJOULX – Cabane au lieu-dit « Les Cabanes »

– VITRAC – Cabane de Mazères

– VITRAC – Cabane de Pech Lauzier

Pour SAINT-ANDRE D’ALLAS (dont le maire assiste à la présentation du dossier et se dit favorable au classement), M. FONQUERNIE fait remarquer l’intérêt de l’ensemble formé par les cabanes du Breuilh et les bâtiments attenants.

La commission propose donc le classement parmi les monuments historiques des cabanes du Breuilh et l’inscription sur l’inventaire supplémentaire des autres bâtiments.

Arrété Préfectoral signé le 27/12/1991 par Le préfet de Région, Pierre Chassignaux, publié dans l’Architecture Vernaculaire Tome XV 1991, page 35.