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Cabanes ou Bories 2017-09-08T20:11:41+00:00

Cabanes ou Bories

Les cabanes sont désignées à tort sous la dénomination de « bories ». Ce mot fût introduit en Périgord dans les années 1970. Le terme cabane est issu d’une mémoire authentique. Le mot bori ou bori »e » (origine bœuf) signifie, en Périgord, la petite propriété, généralement une ancienne ferme à louer ce qui est sans rapport avec les cabanes à pierre sèche.

Extrait de : QUERCY RECHERCHE N°19 Année 1977 page 22
TERMINOLOGIE DES CONSTRUCTIONS EN PIERRE SÈCHE DU LOT

Christian LASSURE

« Les appellations des cabanes en pierres sèches du Lot constituent un domaine où, jusqu’à ces dernières années, a régné un certain laxisme, quand il ne s’agissait pas de confusion pure et simple, surtout de la part d’auteurs étrangers au Quercy. Cet état de choses ne faisait d’ailleurs que reproduire des situations similaires survenues dans d’autres régions (Périgord et Vaucluse en particulier) où l’on ne s’était pas assez soucié de clarification terminologique. Dans le Quercy, le chercheur dispose de trois désignations : « casèla » (prononcer casèlo), « cabana » (cabano) et « gariota » (garioto) en occitan central (ou languedocien), ou casèle, cabane et gariote sous leur forme française. A défaut d’une enquête systématique qui, commune par commune, s’attacherait à déterminer le ou les termes employés par les paysans, on s’efforcera d’utiliser chacun des trois noms disponibles en fonction du secteur géographique où il est attesté et en relation avec la nature de la construction qu’il désigne…
…Dans le Lot, la tendance actuelle est, chez les citadins et chez les vacanciers-propriétaires de résidences secondaires, de recourir à gariote (les graphies « garriote » et « garriotte » sont à éviter) comme terme générique désignant indistinctement toute cabane en maçonnerie sèche, ce qui ne manque pas de susciter l’étonnement des paysans, lesquels, pour leur part, emploient tout naturellement cabana ou casèla (« Los ‘Parisiens’ apelan las casèla ‘gariote’ ; sai pas per que », pour reprendre les termes de l’un deux). La vogue de cette appellation propagée par les cartes postales, les revues locales et les guides touristiques, est sans doute imputable à la préférence manifestée à son égard par le Dr. Cayla dans ses articles et livres qui font autorité en matière d’architecture lotoise du XIXème siècle. Ce nouvel usage est en cas plus acceptable que celui, impropre de « capitelle » dont l’aire géographique est limitée au Gard, à l’Hérault et à l’Ardèche, ou de « buron », qui concerne les massifs volcaniques des Dores, du Césaliers, du Cantal et de l’Aubrac, ou de « tonne » propre à la région de Clermont-Ferrand (Limagne d’Auvergne), ou encore de « borie », employée officiellement bien qu’à contresens, en Périgord et en Provence. Il faut garder présent à l’esprit que le terme occitan « boria » (borio) issu du médiéval « boveria », « boria », étable à boeufs, désignait autrefois non pas une cabane en pierre sèche mais une exploitation rurale cultivée avec une ou des paires de bœufs, « boria » étant l’équivalent, à peu de choses près, de « borda » (bordo), borde, qui s’appliquait autrefois dans maintes régions de l’Occitanie à une petite métairie…
…Pour conclure, s’il n’est plus excusable aujourd’hui de parler de capitelles, de tonnes, de burons, de bories et autres impropriétés ou encore d’écrire gazelle, causello, garriotte, et autres fantaisies, il conviendra de bien distinguer casèle, cabane et gariote, dût-on aller à contre-courant de la tendance actuelle. La confusion terminologique qui règne dans le domaine de l’architecture populaire tant dans le Quercy que dans d’autres provinces, si elle reflète l’occultation généralisée d’une tradition de bâtir foncièrement rurale, populaire et anonyme, témoigne, au delà, d’un phénomène plus vaste, celui de la disparition graduelle de la culture paysanne et de l’acculturation des campagnes par les villes. Dans le cas précis qui est le notre, là ou le paysan voit une simple cabane, construite en une ou deux semaines par ses aïeux, le citadin verra une mystérieuse borie ou gariote de préférence gauloise. Une meilleure connaissance du petit patrimoine architectural légué par les bâtisseurs anonymes des campagnes passera donc d’abord par la redécouverte et le respect de sa terminologie originelle. »
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